Une recherche démontre les bienfaits psychologiques des activités sportives et musicales pour les jeunes exposés à la pauvreté et à la violence.
Depuis une dizaine d’années, des projets d’activités sportives et artistiques sont régulièrement utilisés comme outils mis au service du développement et de la paix dans les pays du Sud. Dans bien des cas, on les voit comme des leviers d’intégration ou de réintégration sociale, en particulier dans les zones de conflit. Mais quelle est la portée réelle de ce type d’initiatives, lesquelles ont fait l’objet de peu de recherches jusqu’à maintenant?
C’est pour répondre à cette question que les professeurs Claude Bélanger (psychologie) et Tegwen Gadais (sciences de l’activité physique) ont mené un projet de recherche portant sur l’influence d’un programme d’activités sportives et musicales auprès de jeunes en situation de vulnérabilité dans la ville de Tuléar, située au sud-ouest de l’île de Madagascar, l’un des pays les plus pauvres de la planète. Conçu par l’étudiante en psychologie Laurie Décarpentrie dans le cadre de sa recherche doctorale effectuée sous la supervision des deux professeurs, le projet a été réalisé en partenariat avec l’Université catholique de Madagascar (UCM) et l’ONG Bel Avenir, qui œuvre à Tuléar.
«La recherche a démarré sur le terrain en 2018 sous la direction de Tegwen Gadais et de Claude Bélanger, grâce à des accords conclus entre l’UQAM, le Département de psychologie de l’UCM et Bel Avenir, rappelle Laurie Décarpentrie. Ayant développé un programme sportif pour les jeunes de Tuléar, auquel s’est ajouté un volet artistique, l’ONG Bel Avenir était particulièrement intéressée à collaborer avec des chercheurs qualifiés pour évaluer la pertinence et les retombées de ce programme.»
Le projet a également bénéficié des liens existant entre l’ONG et le professeur Tegwen Gadais. Celui-ci possède une riche expertise en coopération internationale, ayant accumulé les expériences en Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya et Madagascar), en Afrique du Sud, en Amérique latine (Colombie, Argentine, Salvador) et au Moyen-Orient (Israël, Palestine, Jordanie).
Un contexte de vulnérabilité extrême
À Tuléar, une région défavorisée, plusieurs jeunes Malgaches vivent dans des conditions de vulnérabilité dite extrême, indique la doctorante. «Cela signifie qu’ils évoluent dans un environnement marqué, entre autres, par la pauvreté, l’insécurité, la violence de rue, la malnutrition, le manque d’accès à des soins de santé et à de l’eau potable. Certains ont des comportements à risque associés à la consommation d’alcool et de drogues, alors que d’autres, des jeunes filles surtout, se prostituent pour subvenir aux besoins de leur famille.»
«L’objectif de la recherche consistait à évaluer les impacts de ces activités sur le bien-être et les besoins psychologiques de base des jeunes, soit les besoins liés au développement de l’autonomie, de compétences personnelles et de l’appartenance sociale.» Laurie Décarpentrie, Doctorante en psychologie.






