Ce nouvel axe de recherche aborde la gestion des risques et de la sécurité à partir des sciences de la gestion et des études internationales. Les territoires de l’aide humanitaire et du développement sont depuis toujours politiques et conflictuels, reconfigurés par des logiques sécuritaires et logistiques imposées de l’extérieur (Duffield, 2007; Prinz et Schetter, 2021) et marqués par une géographie fragmentée. Ce sont des sites de tensions entre de multiples acteurs (étatiques, non gouvernementaux, privés, locaux, groupes armés) qui produisent diverses manifestations de la sécurité et de l’insécurité. Ces dernières années, les contextes se sont complexifiés, rendant l’accès aux populations plus difficile. La montée des régimes autoritaires et le rétrécissement des espaces démocratiques transforment des territoires jusque-là sécuritaires en zones « à risque ». Si les organisations humanitaires sont plus outillées pour agir dans des environnements précaires, les acteurs du développement doivent revoir leurs pratiques et outils d’analyse (Jachens, 2019). Depuis la pandémie et dans un contexte de localisation, on constante une sous-traitance accrue du risque, qui pose des enjeux d’imputabilité pour organisations, gouvernements et bailleurs. Cet axe explore ces nouveaux territoires (in)sécuritaires afin d’éclairer le travail des acteurs de l’aide.