Pratiques émergentes et courants critiques

L’action humanitaire et la solidarité internationale sont en mutation : décentralisation, émergence de nouveaux acteurs et d’alternatives au développement, nouveaux dispositif managériaux, et politiques et pratiques qui brouillent la frontière entre l’action humanitaire et réduction de la pauvreté. :L’OCCAH mène plusieurs projets de recherche sur l’évolution de la pratique, et effectue des analyses critiques en matière de politique d’intervention. Ses projets en cours portent notamment sur :

    • La qualité, l’efficacité et la professionnalisation de l’action humanitaire
    • Le post-développement, la localisation de l’action humanitaire et la participation des populations
    • L’art et la culture en situation post-crise.

Responsables de l’axe Pratiques émergentes et courants critiques

Diane Alalouf-Hall

Marie-Claude Savard

Projets de recherche

L’art et la culture sont des leviers de développement social, économique, communautaire et citoyen. Souvent perturbés, voire détruits en situation de conflits, de crises ou de catastrophes, réintroduire l’art et la culture ou les reconstruire devient un enjeu crucial. Passant après plusieurs services dits essentiels tels que la santé ou la sécurité, ce vecteur sociétal est tout de même indispensable au plan économique et identitaire. Étudier l’art et la culture comme vecteur émergent dans un contexte humanitaire permet de regarder comment les entreprises, les organisations et les membres de ce secteur peuvent renforcer le (re)développement des populations locales postcrise. L’objet de recherche « art et culture » est posé comme valeur, moyen, processus et outil de résilience et de construction identitaire.

Projets

  • Les PMO culturelles comme levier de changement en contexte humanitaire

Par Alexandre Bédard, Postdoctorant.

« Tout être humain doté d’un cerveau accomplissant sa fonction est capable, grâce à l’art, de rétablir le lien avec la société » (Barbosa, 2002)

Pour s’adapter à un environnement de plus en plus complexe, semblable à ce que nous vivons présentement avec la pandémie du COVID-19, les ONG doivent revoir leurs processus d’intervention auprès des individus et des collectivités et ce, particulièrement en situation postcrise. Si l’utilisation de l’art comme levier de développement et de changement social dans cette situation n’est plus à prouver, cet angle est cependant peu étudié et encore moins sous l’angle des petites et moyennes organisations qui œuvrent dans ce contexte. Comprendre ces PMO est un enjeu de taille, particulièrement en matière de retombées et de résultats. Comment les PMO culturelles se structurent-elles tout en mobilisant l’art et la culture comme levier de développement dans un contexte postcrise ?

Repenser la sensibilisation écologique : exploration de la culture comme piste de réponse à la crise

Par Karine Rajoelisolo Debergue

Cette étude tente de définir en quoi les traditions peuvent servir de levier dans la lutte contre la crise écologique. Plusieurs programmes s’investissent dans la compréhension de la crise et la sensibilisation face aux problématiques liées au climat, à la biodiversité et à l’habitat naturel. Cependant, les concepts et parfois les messages ne génèrent pas toujours les changements comportementaux escomptés. Ceci étant, nous étudions une piste peu exploitée : la considération des traditions locales pour contribuer à plus d’efficacité des programmes environnementaux. Par Traditions, nous entendons Croyances et Pratiques héritées des Anciens via chants, danses, légendes, rituels, etc. Dans de nombreuses sociétés, ces arts reflétaient jadis un rapport de l’homme à la nature relevant du sacré. Nous explorerons donc les intuitions des Anciens concernant l’équilibre environnemental. Nous observerons ainsi les enjeux autochtones au Canada, et ailleurs. Nous essaierons de comprendre en quoi, dans certaines sociétés, le réveil identitaire ou la mémoire des traditions ramènerait à des pratiques respectueuses de l’environnement. Nos recherches s’adressent particulièrement aux organisations environnementales, pour une meilleure compréhension du potentiel culturel qui, dans certains contextes, pourrait renforcer l’efficacité de leurs actions.

Compromise, subversive compliance and autonomous design: How Southern NGOs challenge foreign aid in their search for self-defined development pathways

Par Marie-Claude Savard

Cette recherche s’intéresse tout d’abord aux relations entre les acteurs du Nord (bailleurs de fonds, agences multilatérales et ONG) et les acteurs de la société civile du Sud qui mettent en oeuvre des projets de réduction de la pauvreté. La recherche analyse la résistance des acteurs du Sud à l’égard des pratiques, des normes et des dispositifs managériaux des acteurs du Nord, et la façon dont celle-ci se manifeste. Elle a comme objectif final de dégager des connaissances quant aux résultats de cette résistance, et au design de stratégies de réduction de la pauvreté hybrides ou endogènes qui en découlent.

La réponse standardisée de l’aide humanitaire en cas de catastrophe d’origine naturelle dans les États dits fragiles. Le cas Sphère et les enjeux de résilience 

Par Diane Alalouf-Hall, doctorante

Cette recherche, au croisement entre pratique professionnelle et résilience aux catastrophes, s’intéresse à comprendre paradoxe entre l’évolution et la mise en place des standards humanitaires occidentalo-centrés dans des États fragiles à l’heure des enjeux de localisation. La première partie de la thèse porte sur les enjeux de territorialisation de la résilience afin d’avoir une vision plus fine de la réponse aux catastrophes naturelles. Durant les trois années de recherche, plusieurs territoires ont été observés au Québec, au Japon et en Haïti afin de présenter une typologie de la résilience territoriale. Tous les territoires ne sont pas égaux face aux catastrophes naturelles, en particulier les zones dites fragiles. Il est important d’intégrer les différents aspects de résilience territoriale dans la gestion des catastrophes avant (prévention et préparation), pendant (réponse d’urgence) et après l’événement (réhabilitation, construction et apprentissage). La deuxième partie s’intéresse à l’intégration des spécificités de résilience territoriale dans les processus, pourtant opposés, de standardisation des pratiques humanitaires.

Équipe

Alexandre Bédard

Marie-Pierre Leroux

Karine Debergue

Caroline Coulombe

Publications