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11 décembre 2023

L’aide canadienne au Honduras : une histoire ambiguë

Alternatives humanitaires N24 Honduras

L’aide canadienne au Honduras : une histoire ambiguë. Focus par Marc-André Anzueto. Publié dans Alternatives Humanitaires Numéro 24 – Amérique centrale : un sous-continent oublié ?

Extrait

Le Canada a longtemps eu l’image d’un refuge pour les migrants centro-américains alors même que ses intérêts miniers dans un pays comme le Honduras n’étaient pas sans impact sur sa situation socio-politique. L’auteur expose les termes de cette relation ambiguë dont les cartes pourraient être rebattues à la faveur de l’élection récente de Xiomara Castro, première présidente de gauche à la tête du Honduras.

Depuis l’adoption en 2021 de la Feuille de route pour un partenariat renouvelé États-Unis – Canada[1], les dirigeants nord-américains ont convenu d’accroître leur engagement à gérer la crise migratoire centraméricaine. Lors du Sommet des Amériques qui s’est tenu à Los Angeles en juin 2022, le Canada s’est joint aux dix-neuf pays de « l’hémisphère occidental » cherchant à encadrer la migration vers le nord. Issue de cette rencontre, la Déclaration de Los Angeles sur la migration et la protection reconnaît ainsi « la nécessité de promouvoir les conditions politiques, économiques, sécuritaires, sociales et environnementales permettant aux personnes de mener une vie pacifique, productive et digne dans leur pays d’origine[2] ». S’articulant autour de quatre piliers, soit la promotion de la stabilité et l’assistance aux communautés, l’expansion des voies régulières de migration, la gestion humaine des migrations et une réponse d’urgence coordonnée, ce texte prévoit que le Canada accueillera 4000 réfugiés des Amériques (Amérique du Sud, Amérique centrale, Amérique du Nord et Caraïbes) d’ici 2028[3], dont une grande majorité provenant du triangle du Nord (le Salvador, le Guatemala et le Honduras). Ils s’ajouteraient ainsi aux 50 000 travailleurs agricoles venus du Mexique, du Guatemala et des Caraïbes que Justin Trudeau s’était engagé à accueillir en 2022.

Avec plus de 247 000 personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays entre 2004 et 2018[4], en raison de la violence, le Honduras demeure un cas emblématique des déplacements forcés dans la région qui inquiète les États nord-américains. Bien que la situation au Honduras évoque une plus grande menace au sein de l’imaginaire sécuritaire étasunien pour des raisons historiques et de proximité[5], les ramifications socioéconomiques et géopolitiques interpellent également le Canada depuis l’époque des guerres civiles d’Amérique centrale (1979-1990). Malgré l’accueil de milliers de réfugiés centroaméricains dans les années 1980 et 1990 et l’existence d’un accord de libre-échange entre les deux pays depuis 2014, peu de textes récents abordent la dimension canadienne dans la gestion de la crise migratoire centraméricaine[6]. À l’aune des nouvelles possibilités de collaboration entre États clés adhérant à la Déclaration de Los Angeles, quel est le rôle du Canada en Amérique centrale, et quels sont les principaux défis et avancées de la collaboration canado-hondurienne dans la gestion de la crise migratoire ?

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