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7 novembre 2023

L’autonomisation des femmes, une réponse à l’insécurité alimentaire en Afrique ?

Afrique contemporaine

Fall, M. et Jacquemot, P. (2023).
Dans Afrique contemporaine 2023/1 (N° 275), pages 9 à 38

Résumé

Les femmes occupent sur le continent africain une place centrale dans l’agriculture vivrière. Elles sont incontournables dans les activités de transformation, de conservation et de commercialisation des produits vivriers. Elles sont au cœur de l’économie domestique et jouent un rôle social essentiel au bien-être des communautés rurales et urbaines. Pourtant, les femmes disposent de moins de droits sur la terre ; elles ont un accès plus limité aux informations et aux services ruraux ; et elles sont moins mobiles en raison des charges familiales. Plusieurs observations sur le rôle des femmes dans les périodes critiques, comme celle associée à la pandémie de la Covid-19 ou du bouleversement des marchés internationaux des produits agricoles et des intrants, éclairent d’un jour nouveau la réalité de la capacité des femmes à réagir pour lutter contre l’insécurité alimentaire avec une forte dose d’inventivité. Cette capacité est étroitement associée aux opportunités d’autonomisation économique et sociale qui leur sont offertes et qu’elles savent saisir et capitaliser. Une révolution silencieuse est peut-être en cours.

Article

« La pandémie de la Covid-19, avec les mesures de restriction de circulation et de prévention de la propagation qui en ont découlé, a aggravé la situation alimentaire qui prévalait depuis déjà plusieurs années en Afrique. On estime qu’au moins 110 millions de personnes supplémentaires ont basculé en situation d’insécurité alimentaire grave et modérée du fait de la pandémie (FAO, et al., 2022) . Elle est l’un des multiples chocs qui ont frappé le continent depuis la précédente crise alimentaire de 2008, avec l’épidémie d’Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone en 2014 ; l’invasion de chenilles légionnaires d’automne depuis 2017 ou l’infestation acridienne en Afrique de l’Est en 2020. Sans compter l’insécurité croissante qui menace davantage de pays avec la présence de groupes armés.
De 2020 à 2022, l’accès aux intrants et aux petits équipements a été très perturbé, entravant le travail des paysans, en particulier ceux engagés dans l’agriculture dite « moderne », ayant besoin de semences, d’engrais chimiques et de pesticides importés. L’agriculture familiale, plus habituée à surmonter les chocs et surtout moins dépendante des aléas internationaux, a été aussi impactée.
Les pertes après récolte, aux champs ou dans les magasins, ont augmenté avec la défaillance des capacités de stockage et les entraves à l’accès aux marchés locaux. Entre 20 et 50 % des productions auraient été perdues selon les pays en 2020 et 2021 . En raison de la grande périssabilité du lait frais, les restrictions de déplacement ont ainsi fortement affecté la filière… »

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Auteur.e.s
Marie Fall, Professeure, Université du Québec à Chicoutimi et membre de l’OCCAH
Pierre Jacquemot, Ancien diplomate, universitaire

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