Crédit photo : Mirek Pruchnicki
Au-delà des bombes pour les élèves ukrainiens : stress, santé globale, vulnérabilités et protection, vers des actions humanitaires de précision soutenant l’apprentissage
Programme : Fonds Nouvelles frontières en recherche – Exploration
Porteur du projet : Olivier Arvisais
Co-chercheur·es : Lorie-Marlène Brault Foisy, Marie-France Marin, Heungsun Hwang, Jennifer Turnbull, Francois Audet, Patrick Charland
Olivier Arvisais, professeur au Département de didactique de la Faculté des sciences de l’éducation à l’UQAM, a reçu une subvention du Volet Exploration des Fonds Nouvelles Frontières en recherche pour le projet «Myr», qui se traduit par «Paix» en ukrainien. Ce projet va au-delà des bombardements subis par les élèves ukrainiens en s’étendant à l’impact de leur stress, de leur santé globale, de leurs vulnérabilités et de leur protection. L’objectif est de développer des interventions humanitaires ciblées qui soutiennent l’apprentissage. Car comprendre en profondeur comment la guerre affecte les capacités d’apprentissage des élèves ukrainiens est une action pour prévenir et atténuer les répercussions sur les enfants.
Le projet Myr s’inscrit dans la lignée du rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous, qui met l’emphase sur l’éducation en contexte de conflit. Ce rapport souligne aussi l’importance des interventions psychosociales dans la lutte contre les effets néfastes des conflits, y compris la dépression, les traumatismes, la honte et le décrochage. Ce projet est conçu pour être novateur, car il vise à recueillir des données probantes qui soutiendront une phase de reconstruction pour les élèves ukrainiens.
Pour en savoir davantage, vous pouvez prendre contact avec Olivier Arvisais, porteur du projet.
Le projet en quelques lignes :
La guerre et les conflits armés ont des effets dévastateurs sur les enfants, en particulier sur leur capacité d’apprentissage et leur bien-être psychologique. Plus de 400 millions d’enfants vivent actuellement dans des zones touchées par des conflits, et l’invasion de l’Ukraine par la Russie a forcé 11,3 millions de personnes à fuir, dont la moitié sont des enfants en âge scolaire. La recherche visant à comprendre, prévenir et atténuer les conséquences de cette violence est donc centrale.
Cependant, il existe très peu d’études sur les impacts spécifiques du stress chronique, de l’épuisement psychologique et des traumatismes divers sur les fonctions exécutives des enfants exposés à de tels contextes. La littérature scientifique suggère que l’exposition prolongée à des stresseurs affecte négativement ces fonctions, bien que quelques recherches récentes aient examiné la possibilité que certaines fonctions puissent se renforcer tandis que d’autres s’affaiblissent sous l’effet du stress.
Ce projet de recherche vise à approfondir notre compréhension des effets de la guerre sur la capacité d’apprentissage des élèves. Il comporte deux objectifs spécifiques :
- analyser les interactions entre le modèle vulnérabilité-stress, les fonctions exécutives et l’apprentissage ;
- établir des profils psychologiques et d’apprentissage pour aider les praticiens à mieux soutenir ces enfants.
Pour atteindre ces objectifs, cette étude sera menée auprès de 300 élèves déplacés, en utilisant diverses mesures : biomarqueurs et échelles de stress pour évaluer la réponse au stress, ainsi que des échelles sur le bien-être, la résilience et le coping pour mesurer les vulnérabilités et facteurs de protection. Les fonctions exécutives seront analysées via trois tâches spécifiques, et les résultats scolaires seront également pris en compte, avec un test standardisé pour évaluer l’apprentissage.
Dans des contextes où les ressources sont limitées et les tensions élevées, cette recherche a un caractère innovant et essentiel. Elle fournira des données probantes pour concevoir des interventions éducatives précises et efficaces, adaptées aux besoins uniques des enfants touchés par les conflits.






