La COVID-19 a constitué une opportunité idéale pour la mise en œuvre de la localisation. La réponse au cyclone Harold qui s’est abattu sur le Vanuatu en 2020 révèle que la pandémie a en effet accentué des dynamiques de localisation. Néanmoins, une compréhension réductrice du contexte par les acteurs internationaux, des perspectives différentes de la localisation et des capacités étatiques limitées nuisent à ses objectifs en ignorant les enjeux de pouvoir préexistants, en marginalisant des acteurs locaux et nationaux et en ralentissant la réponse. Le concept de localisation tel qu’il est conçu aujourd’hui et trouvant ses origines au Nord global possède un potentiel transformateur limité.
The COVID-19 pandemic presents an ideal opportunity to implement measures of localisation. The response to Cyclone Harold, which hit Vanuatu in 2020, shows how the pandemic amplified localisation dynamics. Nevertheless, international actors’ reductive understanding of the context, varying perspectives on localisation, and limited state capabilities impact its objectives by ignoring the pre-existing power dynamics, by marginalizing local and national actors, and by slowing down the response to the crisis. We argue that the concept of localisation, which originated in the global North, and as it is understood today, has a limited transformative power
Les auteurs
Morgane Rosier est candidate au doctorat à l’École de développement international et mondialisation à l’Université d’Ottawa. Elle détient une maîtrise de l’Institut d’études du développement de la Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et un baccalauréat de l’IAE Lyon School of Management, Université Jean Moulin Lyon 3. Ses intérêts de recherche comprennent les politiques et pratiques en matière d’assistance internationale, d’aide publique au développement et d’aide humanitaire. Sa recherche doctorale se focalise sur l’efficacité de l’aide au Vanuatu, un État insulaire en développement du Pacifique Sud. Elle mène aussi des recherches sur la mise en œuvre de l’agenda de localisation de l’aide en pratique, sur l’aide internationale dans le contexte de la pandémie de COVID-19, et s’intéresse à la politique française d’aide. Avant ses recherches doctorales, elle a travaillé avec la Croix-Rouge française à Paris et au Vanuatu.
Marie-Claude Savard est candidate au doctorat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et directrice adjointe de l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH). Elle cumule une quinzaine d’années, dont deux au Vanuatu, en tant que gestionnaire et consultante auprès d’ONG et d’ONGI. Sa recherche doctorale porte sur la localisation et les rapports de pouvoir entre les acteurs du milieu de l’aide internationale.






